dimanche 24 octobre 2010

Mais qui lit Wilhelm Genazino ?

Le dernier opus de Wilhelm Genazino est paru en France : Le bonheur par les temps éloignés du bonheur (Das Glück in glücksfernen Zeiten, 2009). Pas d'article dans Lire ni Télérama. Je passe donc à la Fnac : aucun ouvrage en exposition et seulement trois exemplaires en rayon. Je repasse une semaine plus tard : les deux exemplaires que j'ai laissés sont toujours là. Pas d'exemplaire chez Virgin ni dans la deuxième Fnac de la capitale des Gaules. Certes, il reste encore quatre ou cinq autres bonnes librairies en centre ville que je n'ai pas encore trouvé le temps de visiter mais, sur ce premier constat, je conclus que je suis ici le seul lecteur de Genazino.

Aussi ai-je dans l'instant l'immense honneur d'appeler à la fondation d'un mouvement en faveur de la connaissance et de la promotion de cet auteur allemand né en 1943 et qui reçut en 1997 le prix Georg Büchner, l'équivalent allemand de notre Goncourt. Qui le lit me suive !

Le titre superbe du dernier ouvrage paru (Cf. photo) résume à lui seul le côté rêveur, ironique, décalé, drôle et poétique de Genazino,

mercredi 13 octobre 2010

Oh, Baaaaaaabe... je l'avais complètement oublié ce cher Hurricane Smith

Je l'avais complètement oublié celui-là et, sans la moindre madeleine, ç'est remonté soudain à la surface, preuve que tout reste bien accroché à l'hélice comme dans Plein soleil (1960). Une voix unique, nasillarde, avant Joe Cocker ou Gilbert O'Sullivan. Je l'avais en 45 tours. C'est probablement le seul hit de Norman Smith, son vrai nom, et c'était en 1972 (il s'était lancé dans l'interprétation après avoir été l'ingénieur du son des Beatles puis des Pink Floyd). Je le découvre pour la première fois en vidéo ! Trois minutes vingt-trois de bonheur. Très Fashion Week le costard (et encore plus drôle sur la vidéo du morceau Don't let it die, son premier hit, où il porte un sorte de pyjama rouge). Would there suddenly be sunshine on a cold and rainy day Oh, Babe, What would you say ? Mais sur la face B,  quel titre ?

PS : non – je découvre cette info à l'instant – Hurricane Smith n'est pas mort le 3 mars 2008. Je ne peux le croire. C'est une mauvaise blague, une rumeur, un canular. Vous oubliez les gens et il meurent ? Dites-mois, oui, dites-moi que l'ouragan est toujours là, paisible.

mercredi 30 juin 2010

Vous allez rire

Vous allez rire : j'ai acheté 5 € une bouteille d'eau. Vide. De 50 cl seulement. Va pour la rigolade. Bon, séchez vos larmes. C'était pour un beau – j'allais écrire "bon" – geste. Ou un l'eau geste (« Publicitaire, sors de ce corps ! »). En effet, l'objet est de Starck, c'est écrit au cul du flacon, et distribué chez Agnès B. au profit de la fondation France Libertés (2 € lui sont reversés). Présidée par Danielle Mitterrand, la fondation œuvre, entre autres actions, pour que l’eau ne soit plus une marchandise et que l’accès à l’eau devienne un droit universel. Aujourd’hui dans le monde, 34 000 personnes meurent chaque jour du manque d’eau potable, 1,5 milliard de personnes n’y ont pas accès et 9 pays se partagent 60% des réserves mondiales d’eau. Nous sommes tous responsables chacun à notre niveau de la sauvegarde de l’eau, élément vital et irremplaçable.

Devenir un Porteur d’eau en adhérant à la Fondation, c’est participer au respect de la charte suivante :
1. L'eau n'est pas une marchandise, l'eau est un bien commun non seulement pour l'Humanité mais aussi pour le Vivant.
2. Afin de garantir la ressource pour les générations futures, nous avons le devoir de restituer l'eau à la nature dans la pureté d'origine.
3. L'accès à l'eau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par une gestion publique, démocratique et transparente, inscrite dans la loi.

Remplisser votre flacon au robinet : ça fait un très joli presse-papier dans lequel on peut boire, mais pas trop sinon toutes les feuilles s'envolent.
Plus d'infos sur http://www.france-libertes.org

dimanche 6 juin 2010

ÖÖÖ

Toujours dans les O, avec triple tréma cette fois, le nom de ce quartier d'Helsinki : Töölö. J'adöre.

jeudi 3 juin 2010

OOO

Reçu ce jour, réponse automatique bilingue d'un mail en absence, ce triptyque de voyelles : OOO. Triple zéro ? Non. Out Of Office, tout simplement.

samedi 29 mai 2010

Ça se prononce comme ça s'écrit



















Dans la veine exotique d'Apichatpong Weerasethakul (palme d'or 2010 avec Uncle Boonme, celui qui se souvient de ses vies antérieures) et d'Eyjafjallajökull, le grondant volcan islandais, je propose, pour honorer la France dans ce bel embrouillamini syllabique, le joli nom eschscholtzia, petite fleur des champs (Cf. illustration).

samedi 17 avril 2010

Lettre ouverte à Monsieur Jacques ROGGE, président du CIO



















Monsieur,

encouragé par les progrès rapides et probants enregistrés sur mon temps de trajet quotidien en vélo'v (made in Lyon) entre mon domicile et mon bureau – un gain de 3 minutes et 1 seconde en quelques semaines, dans un respect scrupuleux des règles de circulation – j'ai l'honneur par la présente de vous proposer d'inscrire cette discipline cycliste pour les prochains jeux de Londres. Il va bien évidemment de soi que ma participation vous est dès maintenant acquise.
Bien sportivement vôtre, avec toute ma considération et sentiments respectueux.

jeudi 18 mars 2010

So trash, So chic, So sac



















Ready-made façon Marcel Duchamp par le styliste Marc Jacobs pour Vuitton. Voilà qui va enfin donner envie de descendre les poubelles. Les descendre, non les jeter : 1 300 € le sac mais la lanière est en cuir.

dimanche 7 mars 2010

Street-tease intégral : votre collection Ben pour moins de 1€









En contrepoint à la rétrospective Ben  — Strip-tease intégral (MAC de Lyon, du 3 mars au 11 juillet 2010) — l'art dans la rue, disponible au dos des tickets horodateurs lyonnais. Auto promo ?

lundi 1 mars 2010

Lettre ouverte à M. Michel Rollier

Gérant associé commandité de l'Entreprise Michelin.

Cher Monsieur, j'ai découvert naguère, ce week-end, que l'école maternelle d'Ormesson, sise dans la ruelle éponyme qui fait face à l'entrée "rue du Nord" de la manufacture dont elle dépend, avait été détruite. Sur le coup, m'eût-on percé un ventricule — droit ou gauche —, aurais-je ressenti plus vive douleur ? J'y ai appris à lire et fait mes premiers coloriages (des tampons de fruits de l'automne, pommes et poires, dès la rentrée de septembre). J'y ai connu ma première fille, au joli prénom suranné de Geneviève (c'était hier, et pourtant déjà si désuet que c'en serait presque fashion week). Il y a en effet dans ces quatre syllabes des parfums de moyen-âge qui me font illico susurrer les noms de François Villon, Chrestien de Troyes ou Guillaume d'Aquitaine. La belle avait par ailleurs un nom digne des comtes d'Auvergne, qui stigmatisait d'emblée toute évocation de la douce France. L'école a survécu quelques années à la piscine Michelin (on peut admirer avec grand plaisir le Bibendum cracheur d'eau qui trônait face aux deux bassins dans le musée L'Aventure Michelin de Montferrand) qui la surplombait et dans l'ombre de laquelle elle se blottissait. Chaque fois, venant vérifier si l'école était toujours là, j'imaginais toujours, sans y croire,

samedi 27 février 2010

The smallest station of winter sports





















Recent (winter) works : piste rouge, 2009








Source : The New Yorker, february 27, 2010

Miettes de littérature

« Je ne décrie rien, je décris avec curiosité. »

Source : Régis Debray, Le Point du 25.02.2010, à propos de son dernier livre "Dégagements" (Gallimard)

mardi 16 février 2010

IKEA HONORIS CAUSA

Lettre ouverte à Mikael Ohlsson, Président du Groupe IKEA

J'ai l'honneur, Président, par la présente, de me remettre le titre Honoris IKEA pour ma contribution à l'essor de la bibliothèque Billy, icône de votre gamme de produits suédois.

Avec 0,000034% du parc mondial de bibliothèques Billy, ce qui ne représente pas moins de 14 exemplaires — dont le modèle collector en 90 cm de large qui n'est plus produit — il me semble en effet avoir largement contribué, Président, au succès d'une bibliothèque dont la renommée depuis sa création en 1979 par Gillis Lundgreen dépasse largement celle de nombreuses consœurs historiques méconnues comme sa compatriote la Kunglia Biblioteket de Stockholm ou la bibliothèque Joanina de Coimbra (Portugal), celle de l'Abbaye d'Admont (Autriche) ou la Mazarine pour n'en citer que quelques unes. Mes 14 Billy, c'est 84 étagères et 224 supports d'étagères. Une vie de labeur ? On les monte en 30 minutes. Une fortune, alors ? Elles sont 30% moins chère qu'il y a 30 ans, ce qui nous laisse sourire quand on pense à leur prix dans 70 ans. Mais alors, numérique aidant, que mettrons-nous sur leurs étagères ? Car, ne vous en déplaise, Président, qu'importe le flacon, fût-il esthétique, pratique et économique...  Avec mes respectueuses salutations.

mardi 9 février 2010

Un été 70 (ou 69)














Le genou de claire, se sera toujours l'été d'une Savoie balnéaire — la mer à la montagne c'est comme la campagne à la ville — donc surannée, une enfance modianesque,  ou la mienne tout simplement, lorsqu'on m'emmenait y tuer une coqueluche avec l'air de l'altitude. Le genou de Claire, c'est tout le contraire de ces statues marmoréennes qu'un petit écriteau nous enjoint de ne pas toucher. Au milieu du gris et du vent de cet été finissant, la tentation et l'attraction lumineuse de ce genou. Singulier, d'ailleurs, ce singulier. L'affiche nous prouve qu'elle en a bien deux, Claire, et Jean-Claude Brialy, hors champ ici, a bien deux mains. Mais la beauté a toujours quelque chose de bizarre et je crois que ce qui vole la vedette à tous les acteurs du film (et même à Lucchini), c'est précisément ce titre. Et le vent. Il y a toujours du vent dans ce film que je n'ai pas revu depuis plus de vingt ans. Mais peut-être me trompé-je. S'il n'y a pas — ou plus — de vent, je pourrai toujours dire que c'est Eric Rohmer (1920-2010) qui l'aura probablement emporté avec lui.

dimanche 7 février 2010