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jeudi 30 août 2012

Simple journée d'été avec Frédéric Berthet













Il semble que personne ne soit venu depuis longtemps sur la tombe de l'écrivain Frédéric Berthet (1954-2003). Les pensées artificielles – Berthet appréciera, où qu'il soit – seul élément floral et décoratif, résistent bien. Pensées passées, cependant. Jean Jourdy, son voisin de gauche, et Michel Cordes, à sa droite, savent-ils qu'ils côtoient l'auteur de Daimler s'en va (1989), Felicidad (1993) ou Paris-Berry (1993) ? ”Je n'arrive pas à croire à la mort", écrivait-il dans une lettre à Roland Barthes. Pareil : et j'ai bien du mal à croire qu'il soit là, sous ce crépi qui s'écaille.

C'est un dimanche d'août, comme dirait Modiano. Une Simple journée d'été, pour reprendre le titre d'une nouvelle de Berthet (1986). Pas âme qui vive (pardon) en ce cimetière d'Oullins, Rhône. Je suis le seul visiteur au milieu d'un après-midi écrasé de soleil. J'ai un peu chaud car je suis venu à vélo. Je fais une photo devant la concession E162. La prochaine fois, j'emmènerai des fleurs, des vraies.

jeudi 9 février 2012

Faisons une croix sur Antoni Tàpies (1923-2012), lui qui les aimait tant











Diptic de vernis, 1984

Fondation Antoni Tàpies
Aragó, 255

08007 Barcelona - Espagne

samedi 14 mai 2011

Longtemps, je me suis couché de bonne heure .2

Une nouvelle manière – ou prétexte s'il en faut un ! – de (re)lire Proust grâce au concept original breveté par Jongbloed bv (Pays-Bas) dans la nouvelle collection .2 des éditions Points. Un format de poche 12 x 8 cm qui permet une lecture horizontale par rapport au pli central, très confortable et d'une seule main. Le papier bible – blanc et non ivoire comme dans la Pléiade – permet de compacter le volume de l'ouvrage. Les pages se tiennent bien à plat sans un creux en abîme dans le pli central. Le pouce suffit pour tenir le livre ouvert alors qu'il faut le pouce et l'annulaire pour un livre classique.
Plusieurs titres déjà parus : Mensonges sur le divan (Irvin Yallom), Extrêmement fort et incroyablement près (Jonathan Safran Foer), Des vents contraires (Olivier Adam), La Route (Cormac McCarthy, Mort à la Fenice (Donna Leon), La cité des Jarres (Arnaldur Indridason), Le Poète (Michael Connelly), La Cinquième Femme (Henning Mankell), Tout est sous contrôle (Hugh Laurie), Chroniques de la haine ordinaire (Pierre Desproges).
Encore un peu cher pour du "poche" (environ 12 € le volume) en raison du brevet technique. Sauf le Proust (Du côté de chez Swann, cf. photo) tombé dans le domaine public, 9,90 €. Mais saluons l'originalité (qui pour une fois ne vient pas du numérique) alliée au confort de lecture.

jeudi 12 mai 2011

VQR














© Lons-le-Saunier, usine Vache qui rit, avril 2011

lundi 31 janvier 2011

samedi 8 janvier 2011

En exclusivité pour les lecteurs de ce blog, la collection complète des stylos Bic 4 couleurs

United colors. Made in France sur le corps du stylo, c'est un message marketing ? 2,50 € le stylo, donc 62,5 cents seulement la couleur.

jeudi 30 décembre 2010

Dear Dantzig

Nous étions vous et moi en col roulé noir : cela crée d'emblée quelque affinité. Mais là n'est pas le propos. Je voudrais simplement ici m'excuser, au nom des Lyonnais, pour l'auditoire très réduit lors de votre dernière lecture (10 décembre 2010) en cette librairie de la place Bellecour à l'occasion de la parution de votre dernier opus : Pourquoi lire ? Certes, vous tombâtes en pleine fête des lumières – il ne s'agit pas de celles du XVIIIe – et cela peut expliquer quelques défections. Mais dix (10) personnes sur les cinq cent mille (500.000) que compte notre agglomération, c'est peu. Je dis dix mais mon voisin de derrière dormait lorsque nous nous sommes levés pour la traditionnelle séance de dédicace. Probablement bercé par vos propos toujours intéressants, riches en digressions et portés par un amour immodéré et communicatif de la littérature. Celle-ci intéresse-t-elle encore en ces temps d'interactivité, de numérisation et de dématérialisation ? Il n'y a pas de réponse à la question dans votre livre. Ou mille, ce qui revient au même. Ou bien celle-ci à travers ces quelques mots que vous avez prononcés et que j'espère rapporter fidèlement : la littérature préserve notre faiblesse.

Bien amclt. à vous.

PS : vous a-t-on déjà dit que vous n'étiez pas sans ressemblance avec cet acteur anglais comique dont j'ai oublié le nom ? Ah, si, ça me revient : Rowan Atkinson, alias Mr. Bean. Soyez rassuré : je suis un piètre physionomiste.

Pourquoi lire, Charles Dantzig, Editions Grasset, 2010
Charles Dantzig a également publié, entre autres, Encyclopédie capricieuse du tout et du rien (2009), Dictionnaire égoïste de la littérature française (2005), A quoi servent les avions ? (2001).

mardi 9 février 2010

Un été 70 (ou 69)














Le genou de claire, se sera toujours l'été d'une Savoie balnéaire — la mer à la montagne c'est comme la campagne à la ville — donc surannée, une enfance modianesque,  ou la mienne tout simplement, lorsqu'on m'emmenait y tuer une coqueluche avec l'air de l'altitude. Le genou de Claire, c'est tout le contraire de ces statues marmoréennes qu'un petit écriteau nous enjoint de ne pas toucher. Au milieu du gris et du vent de cet été finissant, la tentation et l'attraction lumineuse de ce genou. Singulier, d'ailleurs, ce singulier. L'affiche nous prouve qu'elle en a bien deux, Claire, et Jean-Claude Brialy, hors champ ici, a bien deux mains. Mais la beauté a toujours quelque chose de bizarre et je crois que ce qui vole la vedette à tous les acteurs du film (et même à Lucchini), c'est précisément ce titre. Et le vent. Il y a toujours du vent dans ce film que je n'ai pas revu depuis plus de vingt ans. Mais peut-être me trompé-je. S'il n'y a pas — ou plus — de vent, je pourrai toujours dire que c'est Eric Rohmer (1920-2010) qui l'aura probablement emporté avec lui.