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samedi 17 avril 2010

Lettre ouverte à Monsieur Jacques ROGGE, président du CIO



















Monsieur,

encouragé par les progrès rapides et probants enregistrés sur mon temps de trajet quotidien en vélo'v (made in Lyon) entre mon domicile et mon bureau – un gain de 3 minutes et 1 seconde en quelques semaines, dans un respect scrupuleux des règles de circulation – j'ai l'honneur par la présente de vous proposer d'inscrire cette discipline cycliste pour les prochains jeux de Londres. Il va bien évidemment de soi que ma participation vous est dès maintenant acquise.
Bien sportivement vôtre, avec toute ma considération et sentiments respectueux.

lundi 1 mars 2010

Lettre ouverte à M. Michel Rollier

Gérant associé commandité de l'Entreprise Michelin.

Cher Monsieur, j'ai découvert naguère, ce week-end, que l'école maternelle d'Ormesson, sise dans la ruelle éponyme qui fait face à l'entrée "rue du Nord" de la manufacture dont elle dépend, avait été détruite. Sur le coup, m'eût-on percé un ventricule — droit ou gauche —, aurais-je ressenti plus vive douleur ? J'y ai appris à lire et fait mes premiers coloriages (des tampons de fruits de l'automne, pommes et poires, dès la rentrée de septembre). J'y ai connu ma première fille, au joli prénom suranné de Geneviève (c'était hier, et pourtant déjà si désuet que c'en serait presque fashion week). Il y a en effet dans ces quatre syllabes des parfums de moyen-âge qui me font illico susurrer les noms de François Villon, Chrestien de Troyes ou Guillaume d'Aquitaine. La belle avait par ailleurs un nom digne des comtes d'Auvergne, qui stigmatisait d'emblée toute évocation de la douce France. L'école a survécu quelques années à la piscine Michelin (on peut admirer avec grand plaisir le Bibendum cracheur d'eau qui trônait face aux deux bassins dans le musée L'Aventure Michelin de Montferrand) qui la surplombait et dans l'ombre de laquelle elle se blottissait. Chaque fois, venant vérifier si l'école était toujours là, j'imaginais toujours, sans y croire,

mardi 16 février 2010

IKEA HONORIS CAUSA

Lettre ouverte à Mikael Ohlsson, Président du Groupe IKEA

J'ai l'honneur, Président, par la présente, de me remettre le titre Honoris IKEA pour ma contribution à l'essor de la bibliothèque Billy, icône de votre gamme de produits suédois.

Avec 0,000034% du parc mondial de bibliothèques Billy, ce qui ne représente pas moins de 14 exemplaires — dont le modèle collector en 90 cm de large qui n'est plus produit — il me semble en effet avoir largement contribué, Président, au succès d'une bibliothèque dont la renommée depuis sa création en 1979 par Gillis Lundgreen dépasse largement celle de nombreuses consœurs historiques méconnues comme sa compatriote la Kunglia Biblioteket de Stockholm ou la bibliothèque Joanina de Coimbra (Portugal), celle de l'Abbaye d'Admont (Autriche) ou la Mazarine pour n'en citer que quelques unes. Mes 14 Billy, c'est 84 étagères et 224 supports d'étagères. Une vie de labeur ? On les monte en 30 minutes. Une fortune, alors ? Elles sont 30% moins chère qu'il y a 30 ans, ce qui nous laisse sourire quand on pense à leur prix dans 70 ans. Mais alors, numérique aidant, que mettrons-nous sur leurs étagères ? Car, ne vous en déplaise, Président, qu'importe le flacon, fût-il esthétique, pratique et économique...  Avec mes respectueuses salutations.

dimanche 17 janvier 2010

Lettre ouverte au guide rouge Michelin












Cher Bibendum,

modeste collectionneur – plutôt simple collecteur – de vos précieux recensements des bonnes tables françaises, je suis profondément surpris et agacé du changement opéré en 1996 sur la couverture de vos ouvrages, tout particulièrement sur ce que les bibliophiles nomment le dos, autrement dit la partie visible d'un livre lorsqu'il est rangé dans une bibliothèque.
En effet, depuis la naissance de votre petite bible rouge et jusqu'en 1992, le marquage se lit de bas en haut ; à compter de 1993, il s'inverse pour une lecture de haut en bas. Pour être tout à fait clair, et pour les éditions antérieures à 1993, il fallait pencher la tête à gauche pour lire la marque Michelin, le pays concerné (France) et l'année. Depuis, on penche la tête à droite. Quelle importance ? me direz-vous. Certes, cela recrée un équilibre – pour les cervicales surtout – une inclinaison trop longue à gauche pouvant entraîner un torticolis. Certes, par ailleurs, dans la dichotomie gauche-droite ou droite-gauche qui est l'apanage  de notre société française, on pourrait y voir une manière d'alternance. Certes, lorsque votre guide est posé à plant sur une table, on peut lire le dos (mais à quoi bon puisqu'on a le plat de recto (autrement dit la couverture) sous les yeux). Et certes, enfin, au pays des libertés... Pour ma part, j'objecterai simplement que ça fait désordre dans certaines bibliothèques richement monopolisées par vos éditions. Et je vous pose donc cette seule question : pourquoi un tel changement ?

lundi 11 janvier 2010

Lettre ouverte à Monsieur le ministre de l'Education nationale

Monsieur le Ministre,

pour la seconde année consécutive, mon jeune fils inscrit en classe de 5e n'a pas eu la fève lors de la traditionnelle galette des rois partagée au restaurant scolaire. Je suis étonné que l'économe du collège n'ait pas prévu autant de fèves que de commensaux afin de garantir, jusque dans la pause-déjeuner, l'égalité des chances de nos élèves qui est l'un des piliers fondamentaux de notre système éducatif. Avec l'expression de mon profond sentiment d'injustice, je vous prie d'accepter également, Monsieur le Ministre, celle de mes respectueuses salutations.