dimanche 20 mars 2011

Diminuer l'abstention

Zéro défault ? Non, merci.















C'est d'une légère imperfection — souvent liée au hasard, en consonance avec art (et je propose ici la création du mouvement artistique HAZART) — que naît la beauté. Par contraste, souvent, elle la sublime. Les yeux étranges ou la mouche de ce top model qui figent notre regard, le flou involontaire qui donne à telle photo sa dynamique et son intemporalité... Les exemples sont nombreux, tous arts confondus. Et combien de découvertes scientifiques issues de ce même hasard.
Exemple du jour, cet exemplaire des Bonnes de Genet, acheté hier, et que j'avais déjà acquis dans la collection Folio (n° 1060), impression de 1978 : plusieurs pages y ont été imprimées accidentellement avec l'immixtion de papiers divers collés avant impression. Ces intrus donnent d'emblée à cet ouvrage son caractère de rareté, curiosité, préciosité. Et de livre d'art. Scrap book ? Cutting edges ? Aurais-je dû demander une remise pour les défauts d'un livre qui, à mes yeux, vaut dix fois le prix payé ?

Les bonnes, Jean Genet, Folio,  5,70 €

samedi 19 mars 2011

Be the first



















Jette-t-on un ticket n°1 ? Un n°2, sinon votre tour passé, vous l'abandonnez à votre interlocuteur, ou bien vous le froissez et le jeter. Un N°1, non. Là on touche à l'exceptionnel. Une fois, j'ai eu un N°2, c'était chez un redoutable chocolatier à succès des Halles de Lyon ; mais j'étais en fait dans la centaine suivante. C'est le problème de ces distributeurs à 3 chiffres seulement. Mais un vrai N°1, dans la bonne centaine, de surcroît à 9h22, ça relève du collector. Le voici photographié pour la postérité. Oui, un N°1, ça existe !

On cesse toujours d'être le numéro 1 mais on ne cesse jamais d'avoir été le premier. (Frédéric Dard, France-Soir, 11.12.1975)

jeudi 17 mars 2011

Aider le Japon













Voici 3 sites pour faire un don à nos amis japonais :

Croix-Rouge française (et japonaise) :
https://www.croix-rouge.fr/Je-donne/Don-ponctuel?elk_daf_code=T0031

Secours populaire français :
http://www.secourspopulaire.fr/dons.0.html?affectation=583

Le bracelet de Lady Gaga :
http://ladygaga.shop.bravadousa.com/Product.aspx?cp=14781_42444&pc=BGAMLG88



















Evidemment, toujours la même question : où vont nos dons et sont-ils effectivement redistribués ? Si l'on se sent bloqué par cette question, rien ne peut se faire, malheureusement.

mardi 15 mars 2011

Monsieur Drame résout tous vos problèmes (!)

Jolis ces petits papillons médiumniques monochromes et poétiques qui viennent se nicher  entre factures et prospectus quadrichromiques. Un peu d'Afrique dans vos boîtes aux lettres, c'est pas un drame.

dimanche 13 mars 2011

NOYADE INTERDITE


































Deux zigs suisses qui revisitent et détournent à merveille l'imagerie désuète avec l'esprit "carte postale 1900", oui celles-là même où l'on ne se gênait pas pour coller le timbre sur la face qui n'était pas encore en couleurs véritables Ektachrome. Tout ceci dans un charmant petit livre qui s'intitule La face chachée du Léman (mais moi, depuis tout petit, j'ai toujours dit "le lac de Genève"). Mythes, légendes et sornettes façon photo-montage. Ma carte préférée ? Celle qui se passe d'illustration et que j'ai mise en titre.

Association Plonk & Replonk éditeurs • Serre 22 • CP 2167
2301 La Chaux-de-Fonds • Suisse

mercredi 23 février 2011

Un silence assourdissant

Entendu sur France Info, hier. Oxymore ou antinomie ?

lundi 7 février 2011

Fortune cookies














Sympa, le message trouvé dans les gâteaux de la chance à l'occasion du Nouvel An chinois. Merci au Lapin de Métal Blanc, au Chat et au Lièvre (les fables de La Fontaine made in China ?) pour cette prédiction.

jeudi 3 février 2011

Un pur moment d'extase























Je n'ai jamais accroché aux thèmes de Louise Bourgeois (peut-être suis-je trop jeune encore). Sauf une  : "I have been to hell and back. And let me tell you it was wonderfull'. Ou cette autre : "I had a flashback of something that never existed". Mon avis sur l'ouvrage paru dans la remarquable collection vergée Le Promeneur, catalogue de l'ultime exposition de Louise Bourgeois, disparue en mai 2010 à 98 ans, "Moi, Eugénie Grandet", frise donc l'oxymore : VOICI LE LIVRE LE PLUS CHARMING QUE J'AIE TENU EN MAINS CES CENT DERNIÈRES ANNÉES. Je le répète toujours à l'envi : la dernière œuvre d'un artiste est toujours (soyons excessifs) la meilleure. Que n'a-t-elle commencé par là, Louise ?

Le Promeneur, 2010, 16 €
Précédé d'un essai de Jean Fremon.

lundi 31 janvier 2011

vendredi 28 janvier 2011

Créer, c'est résister. Résister, c'est créer.

Par delà le succès mais aussi les indignations que suscite l'opuscule de Stéphane Hessel (à gauche) – qui aurait peut-être dû se limiter à une réflexion sociétale et à portée universelle –, je ne saurais trop recommander le dernier chef-d'œuvre d'indignation qu'est le dernier roman de Philip Roth (à droite). L'indignation à l'estomac, pour paraphraser Gracq. « ... je chantais dans ma tête le plus beau mot de la langue anglaise : « In-di-gna-tion »» Mais qu'on le lui donne, ce Nobel, à Roth !

Indignez-vous !, Stéphane Hessel, Indigène Editions, décembre 2010.
Indignation, Philip Roth, Gallimard, septembre 2010.

dimanche 23 janvier 2011

Proust-toi d'là qu'j'm'y miette

A une époque où tout va de plus en plus vite, je propose ici un digest de l'œuvre référence de Marcel Proust, version zippée pour briller dans les dîners, sachant que personne ne l'a lue mais que tout le monde est en droit d'en parler (ce qui me rémémore cette réponse de Yves Bonnefoy, le poète, dans une interview : Je n'ai pas compris votre question mais ça ne va pas m'empêcher d'y répondre).
LONGTEMPS JE ME SUIS COUCHÉ DE BONNE HEURE* [...] ET TOUT D'UN COUP LE SOUVENIR M'EST APPARU. CE GOÛT C'ÉTAIT CELUI DU PETIT MORCEAU DE MADELEINE** [...] ALBERTINE AVAIT UNE PRONONCIATION SI CHARNELLE ET SI DOUCE QUE, RIEN QU'EN VOUS PARLANT, ELLE SEMBLAIT VOUS EMBRASSER*** [...] MME VERDURIN LUI DEMANDA : « AVEZ-VOUS PRIS DE MON ORANGEADE ? »**** [...] TOUT LE MONDE EST TOUJOURS PRESSÉ, ET ON PART AU MOMENT OÙ ON DEVRAIT ARRIVER***** [...] CE QU'ON AIME EST TROP DANS LE PASSÉ****** [...] DANS LE TEMPS*******.

* Du côté de chez Swann
** A l'ombre des jeunes filles en fleurs
*** Le Côté de Guermantes
**** Sodome et Gomorrhe
***** La prisonnière
****** Albertine disparue
******* Le Temps retrouvé

L'infra-visible #02

Profitant du repos dominical et de croûtons de pains, j'ai préparé du pain perdu. Perdu comme le temps de Proust dont j'extrais cette phrase qui accompagnera très bien cette chronique de l'infra-visible : « ...j'essayais de trouver la beauté là où je ne m'étais jamais figuré qu'elle fût, dans les choses les plus usuelles... ». Dont les petits hasards de la vie. Et je reviens donc là au pain perdu dont je cherchais une recette à défaut de trouver la recette. J'ouvre donc un premier recueil de desserts au titre prometteur Au plaisir des desserts (Editions Soline, 1994, traduit de l'anglais) – sous-titré Recettes légères et succulentes des années quatre-vingt-dix – qui m'envoie en page 60 pour la recette du pain perdu. Il est toujours bon de comparer a minima deux recettes d'une même préparation : j'ouvre donc un ouvrage récent au titre non moins prometteur, Le Meilleur des desserts (Editions Hachette, 2009), écrit en collaboration par une cuisinière de référence, Françoise Bernard, et un pâtissier de renom, Sébastien Gaudard. Et où la table des recettes ne m'envoie-t-elle pas pour la recette du pain perdu ? En page 60 ! Je n'ai pas risqué de rompre le charme d'un tel hasard en ouvrant un troisième livre de cuisine.

jeudi 13 janvier 2011

The New Yorker, janvier 2011

samedi 8 janvier 2011

En exclusivité pour les lecteurs de ce blog, la collection complète des stylos Bic 4 couleurs

United colors. Made in France sur le corps du stylo, c'est un message marketing ? 2,50 € le stylo, donc 62,5 cents seulement la couleur.

De nos jours, dès qu'on meurt on n'existe plus

Force est de constater que le dernier CD, post mortem, de Michael Jackson est un flop. Déjà oublié et (peut-être) enterré, Bambi. Il en va ainsi de tout people. Une nécro et ciao. En ces temps fugaces, ne vaut que le culte du vivant. "Dès que quelque chose disparaît, il est immédiatement remplacé par quelque chose de nouveau" (Andrzej Stasiul, Neuf). Nous sommes loin de la Chambre verte de Truffaut. Rendus au limbes de l'oubli, donc, les monstres du cinéma – de leur temps – tels des Gabin, des Fellini ou des Montand, balayés les présentateurs TV mis à l'ombre des sunlights ou les princesses du peuple, épuisés des catalogues les auteurs morts, et j'écoutai ce jour sur les ondes que le cimetière de Jarnac ne fait plus recette. L'œuvre qui n'est plus portée par son auteur est une œuvre morte, elle aussi.
Mais aussi, parfois, cet étonnement (Non ??! Tu es sûr ?) d'apprendre que tels éléments de notre paysage audio-visuel ont disparu depuis plusieurs mois, quelques année, sans qu'on l'ait su. Ils renaîtront une fois peut-être, dernier soubresaut en guise d'hommage, avec la voix off et monocorde de tel présentateur hagiographe et romantique, sur des images noir et blanc traitées archives, accompagnées de la musique du Mépris. Le temps restera suspendu quelques instants. On reviendra quelques années en arrière. Une petite bouffée de passé avant de replonger dans l'actu.
Il faut de la place pour les autres, pour les vivants car tout va, passe et lasse toujours plus vite, car l'offre est pléthore, car déjà Stefani Joanne Angelina Germanotta (alias Lady Gaga) pousse Madonna vers la sortie, car il faut déjà passer à la fibre optique, car les mises à jour se succèdent sur un rythme exponentiel et que, dans une société où tout reste en suspension, où rien ne sédimente, ne laisse trace, il n'y a dès lors plus de place pour la mémoire. ni le culte des morts. Continûment, nous passons à autre chose – on appelle aussi cela l'ennui. Le temps moderne, c'est la fuite du temps. C'est le présent seul. Le roi est mort ? Vive le roi.

jeudi 30 décembre 2010

2011 : the it year

Belle année à ceux qui viendront jusque ici et à tous les autres.

Photo D.R.

Dear Dantzig

Nous étions vous et moi en col roulé noir : cela crée d'emblée quelque affinité. Mais là n'est pas le propos. Je voudrais simplement ici m'excuser, au nom des Lyonnais, pour l'auditoire très réduit lors de votre dernière lecture (10 décembre 2010) en cette librairie de la place Bellecour à l'occasion de la parution de votre dernier opus : Pourquoi lire ? Certes, vous tombâtes en pleine fête des lumières – il ne s'agit pas de celles du XVIIIe – et cela peut expliquer quelques défections. Mais dix (10) personnes sur les cinq cent mille (500.000) que compte notre agglomération, c'est peu. Je dis dix mais mon voisin de derrière dormait lorsque nous nous sommes levés pour la traditionnelle séance de dédicace. Probablement bercé par vos propos toujours intéressants, riches en digressions et portés par un amour immodéré et communicatif de la littérature. Celle-ci intéresse-t-elle encore en ces temps d'interactivité, de numérisation et de dématérialisation ? Il n'y a pas de réponse à la question dans votre livre. Ou mille, ce qui revient au même. Ou bien celle-ci à travers ces quelques mots que vous avez prononcés et que j'espère rapporter fidèlement : la littérature préserve notre faiblesse.

Bien amclt. à vous.

PS : vous a-t-on déjà dit que vous n'étiez pas sans ressemblance avec cet acteur anglais comique dont j'ai oublié le nom ? Ah, si, ça me revient : Rowan Atkinson, alias Mr. Bean. Soyez rassuré : je suis un piètre physionomiste.

Pourquoi lire, Charles Dantzig, Editions Grasset, 2010
Charles Dantzig a également publié, entre autres, Encyclopédie capricieuse du tout et du rien (2009), Dictionnaire égoïste de la littérature française (2005), A quoi servent les avions ? (2001).

jeudi 23 décembre 2010